Accompagnement des enfants

L’abeille : un exercice simple pour aider son enfant à revenir au calme

Illustration : une adulte et une petite fille assises en tailleur sur un tapis, les yeux fermés et les mains près des oreilles, font l’abeille ensemble ; une abeille vole près de la fenêtre

Votre enfant est contrarié, très excité après sa journée ou submergé par une émotion et vous lui demandez de se calmer…

Seulement voilà : il n’y arrive pas.

Ce n’est pas toujours une question de volonté. Un enfant ne dispose pas forcément, au moment où l’émotion monte, des moyens qui lui permettent de retrouver peu à peu son calme.

Plutôt que de lui demander simplement de « se calmer », il peut être utile de lui faire découvrir de petites ressources corporelles et ludiques qu’il pourra progressivement apprendre à utiliser.

L’abeille en fait partie.

Le principe est très simple : expirer doucement en faisant le son « bzzzz » et porter son attention sur les vibrations produites par ce son.

L’objectif n’est pas que l’enfant réussisse un exercice. Il s’agit plutôt de lui faire découvrir une expérience et d’observer avec lui si elle lui convient.

Découvrir l’abeille quand tout va bien

Le meilleur moment pour apprendre une ressource de retour au calme n’est pas forcément celui où l’émotion est déjà très forte.

Je préfère la faire découvrir lorsque l’enfant est disponible, sous forme de jeu.

Vous pouvez simplement lui proposer :

« Est-ce que tu veux essayer de faire l’abeille avec moi ? »

Installez-vous comme vous êtes à l’aise. Assis, debout, sur un tapis… il n’y a pas de posture à réussir.

Posez doucement les doigts sur le petit cartilage situé à l’entrée des oreilles, puis appuyez légèrement pour les boucher, sans forcer ni créer d’inconfort.

Illustration en gros plan : un enfant pose doucement le doigt sur le petit cartilage à l’entrée de son oreille, le geste de l’exercice de l’abeille

Puis prenez tranquillement une inspiration et, en soufflant, faites ensemble :
« Bzzzzzz… ». Recommencez deux ou trois fois si votre enfant en a envie.

Ensuite, vous pouvez attirer son attention sur ses sensations :

Est-ce que ça chatouille tes lèvres ? Ton nez ? Tes joues ? Est-ce que tu sens les vibrations ailleurs ?

En pratiquant vous-même avec lui, l’exercice reste un moment partagé plutôt qu’une consigne supplémentaire.

Transformer l’exercice en jeu

Chaque enfant a son univers.

Avec l’un, l’exercice restera simplement un drôle de « Bzzzzzz ». Avec un autre, on pourra imaginer une petite abeille qui vole de fleur en fleur.

Un enfant qui aime dessiner pourra peut-être dessiner son abeille. Il pourra même lui donner un nom.

Elle peut alors devenir son abeille du calme.

C’est une manière que j’aime particulièrement d’accompagner les enfants : partir d’un outil très simple, puis leur laisser la possibilité de le transformer pour qu’il leur ressemble.

L’exercice n’est plus seulement quelque chose que l’adulte leur demande de faire. Il peut progressivement devenir une ressource qu’ils reconnaissent comme la leur.

Lui laisser le temps de se l’approprier

Lorsque votre enfant connaît déjà l’exercice, vous pouvez ensuite lui proposer :

« Tu veux qu’on fasse l’abeille ? »

Parfois il dira oui.

Parfois non.

Et ce « non » peut aussi être respecté.

Une ressource peut fonctionner à un moment et pas à un autre. Certains enfants aiment le souffle et les vibrations ; d’autres seront davantage attirés par le mouvement, le dessin, une histoire ou une autre manière de revenir à eux.

L’objectif n’est donc pas de trouver la technique qui fonctionnerait à chaque fois.

Il est plutôt d’aider progressivement l’enfant à découvrir :

« Qu’est-ce qui, moi, peut m’aider quand j’en ai besoin ? »

Construire peu à peu sa propre boîte à outils

C’est également de cette manière que j’aborde l’accompagnement des enfants au cabinet.

J’utilise des approches simples et ludiques, que j’adapte à leur âge, à leur sensibilité, à leur manière de s’exprimer et à ce qui les intéresse.

L’abeille peut en faire partie. Elle n’est jamais une obligation.

Au fil des expériences, l’enfant peut ainsi commencer à constituer sa propre boîte à outils de bien-être : des ressources qu’il connaît, qu’il a expérimentées et auxquelles il pourra progressivement penser par lui-même.

Cette autonomie me paraît aussi importante que l’exercice lui-même.

Et si l’abeille ne lui convient pas ?

Ce n’est pas grave.

Si votre enfant n’aime pas le bourdonnement, si l’image de l’abeille lui déplaît ou si l’expérience lui procure une sensation inconfortable, inutile d’insister.

Il existe bien d’autres façons de l’aider à retrouver progressivement son calme.

L’essentiel est de rester attentif à ce qui lui convient, à son rythme et à la façon dont il vit l’expérience.

Et lorsque les difficultés sont importantes, répétées ou vous préoccupent, il peut être utile d’en parler avec le professionnel adapté à la situation de votre enfant.

Si cette lecture fait écho à ce que vous vivez avec votre enfant et que vous vous demandez si mon accompagnement peut lui convenir, vous pouvez m’appeler. Nous prendrons quelques minutes pour évoquer la situation et voir simplement si ce que je propose peut correspondre à votre besoin et au sien.